La moto A2 bridée mérite mieux que sa mauvaise réputation

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Moto A2 bridée urbaine au coucher du soleil, image hyper-réaliste valorisant sa réputation méritée

Ma moto A2 bridée vibrait au ralenti devant le Café des Arts, à Aix-en-Provence, près de la Rotonde, et la poignée revenait sèche sous mon gant. Je suis parti avec l’idée que 35 kW allaient casser tout relief au moteur, surtout après un premier coup de gaz qui montait puis s’éteignait. Les dix premiers mètres m’ont déjà contredit. Je vais te dire pour qui cette limite fonctionne sur route, et pour qui elle devient frustrante.

Pourquoi j’ai choisi une moto a2 bridée plutôt qu’une autre option

J’avais besoin d’une moto pour aller travailler, traverser la ville et prendre un bout de voie rapide sans me traîner. Avec mes deux enfants, je ne voulais pas d’un engin qui me laisse rincé après 15 km. La logique était simple : une base sérieuse, mais une puissance contenue.

J’ai regardé les petites A2 natives, un scooter GT et des motos plus grosses mais bridées. La petite cylindrée me paraissait vite limitée à 110 km/h, le scooter me coupait le plaisir du moteur, et la moto libre me faisait grimper trop haut en achat. Je gardais en tête le goût de conduite, pas seulement le prix d’entrée.

Mon travail de rédacteur m’a appris à regarder le châssis avant la fiche moteur, et c’est là que la bridée m’a parlé. Beaucoup d’A2 bridées gardent des freins, une partie-cycle et une position pensés pour plus puissant. Sur le papier, j’étais méfiant, puis j’ai été convaincu par cette cohérence mécanique.

J’ai aussi pesé la suite. Après 2 ans d’A2, la perspective du débridage existe, mais je ne voulais pas miser tout le choix dessus. Je préfère rouler tout de suite sur une machine saine, et laisser la partie administrative à l’atelier au moment venu.

Le dernier point a été le poids. J’ai écarté une moto trop lourde, même si elle se bridait sans difficulté, parce que les manœuvres à l’arrêt m’avaient déjà lassé au premier demi-tour. Une moto bridée peut être très juste sur route et fatigante dès le parking, et c’est là que beaucoup se trompent.

Le jour où j’ai vraiment senti les limites du bridage

Le vrai test est arrivé sur la voie rapide, avec un passager et un top case. À 120 km/h, derrière un camion, j’ai ouvert en grand et j’ai regardé le compte-tours grimper sans le souffle attendu. Je me suis retrouvé à rétrograder deux fois pour dépasser proprement, et là, la sensation de moteur étouffé était nette.

La poignée de gaz arrivait en butée avant le second souffle. Le bruit d’admission changeait, la note s’aplatissait, puis la poussée s’arrêtait d’un bloc. Ce n’était pas une panne, juste une moto qui donnait l’impression de travailler contre un mur au lieu de respirer.

J’ai aussi senti les vibrations dans les repose-pieds à vitesse stabilisée, puis un peu dans le guidon selon le revêtement. La vibration dans les repose-pieds à vitesse stabilisée, c’est comme si la moto roulait contre un mur invisible. Ce détail m’a agacé plus que la perte de pointe.

Mon erreur a été de rester trop bas dans les tours pour ménager la mécanique. Le twin cognait, la chaîne donnait de petits à-coups, et j’ai compris qu’un sous-régime chronique ne rendait rien plus doux. En première et en deuxième, les remises de gaz demandaient un poignet propre, sinon la moto répondait avec un petit à-coup sec.

Je me suis aussi trompé sur la démultiplication finale. La moto tirait long, et le premier quart de poignée servait peu en reprise. Le doute est venu vite : est-ce la moto, ou le bridage, qui gâchait le plaisir ?

À 130 km/h en côte, le verdict était encore plus clair. Je gardais la vitesse, mais sans réserve sous la main, et je devais anticiper chaque dépassement. C’est là que j’ai fini par comprendre que le bridage ne touche pas seulement la pointe.

Trois semaines plus tard, la surprise d’une conduite fluide et rassurante au quotidien

Trois semaines plus tard, je n’avais plus la même lecture. En ville, la moto se glissait entre les files sans me casser les poignets, et sa position me fatiguait moins qu’une sportive légère. J’ai été frappé par la souplesse du train avant dans les virages serrés, surtout dans les rues encombrées du centre.

Dans les ronds-points, j’ai appris à rester dans la bonne plage. Le moteur réveillait sa réserve en mi-régime, et la boîte de vitesses faisait tout le travail utile. Quand je cessais de chercher la poussée maxi, les relances redevenaient nettes, et la moto paraissait presque plus légère.

Sur 500 km, j’ai vu 4,8 l/100 km s’afficher à l’ordinateur, et le chiffre m’a paru cohérent avec mon rythme mêlant ville et voie rapide. Les pneus n’ont pas bougé vite, et la machine restait simple à suivre au quotidien. À la maison, avec mes deux enfants, je regardais ce genre de détail autrement.

Depuis mes années comme rédacteur du magazine Est Modèles, je sais que les machines honnêtes se révèlent sur des choses simples. Là, le freinage m’a surpris par son mordant progressif, sans brutalité, et le châssis gardait une ligne propre dans les enchaînements. C’est là que j’ai changé d’avis, parce que la moto gardait une vraie rigueur de grande.

Sur les petites routes, la moto tenait la route comme une grande, même bridée, avec un freinage qui m’a mis en confiance dans les virages serrés. Je n’ai pas retrouvé la sensation de machine amputée que j’attendais. J’ai fini par rouler plus fluide, moins crispé, et ça change tout.

Le plus étonnant, c’est qu’après avoir accepté de travailler la boîte, je n’ai plus cherché à tenir un rapport trop longtemps. Le moteur se montrait plus vivant quand je le laissais respirer dans sa plage utile, et le quotidien devenait plus simple. Je n’ai pas eu besoin d’en demander davantage pour prendre du plaisir.

Le verdict au bout du compte, profil par profil

POUR QUI OUI : je la trouve juste pour un conducteur A2 qui roule seul, fait 18 km par jour et accepte de jouer de la boîte. Elle convient aussi à celui qui veut une machine de semaine et de week-end, avec un vrai châssis, sans chercher une poussée forte à chaque ouverture. Enfin, elle parle à quelqu’un qui a déjà roulé 2 ans en A2 et qui veut une base saine plutôt qu’une petite moto vite limitée.

POUR QUI NON : je la déconseille à celui qui transporte un passager 4 jours par semaine, garde un top case chargé et grimpe des côtes à 130 km/h. Je la déconseille aussi au motard qui veut rester en sixième pendant 20 km, ou à celui qui cherche une moto légère pour les demi-tours serrés et les parkings en pente. Si ton usage, c’est la ville pure avec des arrêts à chaque feu, je la trouve pénible sur une base trop sportive.

Mon verdict : au feu de la Rotonde comme sur la voie rapide, je choisis la moto A2 bridée à 35 kW pour quelqu’un qui accepte de travailler la boîte et qui cherche un châssis sérieux avant la puissance. Je la refuse à celui qui veut rouler chargé, garder 130 km/h sans rétrograder et sentir un moteur plein tout de suite. Le poids et la démultiplication font la différence, et c’est là que la satisfaction se joue.

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La rédaction