Pourquoi je prends le TER plutôt que la voiture entre Aix et Marseille

·

·

Paysage hyperréaliste d’une gare TER entre Aix et Marseille au coucher de soleil, train moderne et nature environnante

Le TER entre Aix et Marseille me revenait en tête pendant que la voiture avançait par à-coups, compteur bloqué à 50 km/h, feux stop rouges devant moi. À l'approche de Marseille Saint-Charles, la circulation en accordéon s'étirait puis se tassait, et je savais déjà que le trajet allait m'énerver. En tant que rédacteur, j'ai commencé à regarder ces 25 kilomètres comme un vrai test de nerfs, pas comme un simple déplacement.

Je travaille entre Aix-en-Provence et Marseille, je rentre pour mes deux enfants, et mes horaires ne pardonnent pas l'imprévu. Mon travail de rédacteur m'a appris une chose simple : sur un trajet quotidien, la minute perdue le matin se paie deux fois le soir. Pendant plusieurs mois, j'ai alterné voiture et TER Provence-Alpes-Côte d'Azur, et j'ai surtout observé dans quels cas le train reste plus utile, et dans quels cas la voiture garde l'avantage.

Au début, j’ai cru que la voiture me donnerait la liberté que je cherchais

Au début, j'ai été convaincu que la voiture me donnerait la liberté que je cherchais. Je pouvais partir à 8h30, charger un sac d'ordinateur, deux dossiers, et par moments récupérer mes deux enfants sans regarder une montre de gare. Avec la voiture, je croyais garder la main sur le dernier kilomètre et sur mon humeur aussi.

J'ai regardé le covoiturage, le TER, et même le vélo électrique pour les jours cléments. Le covoiturage m'agaçait par son côté aléatoire, le vélo me semblait trop fragile dès qu'il fallait arriver propre et sec, et le train restait dans un coin de ma tête. Je cherchais surtout un trajet qui ne me vole pas mon énergie avant même de commencer la journée.

Je suis parti en voiture parce que je trouvais le siège plus confortable et le coffre plus simple. J'aimais aussi l'idée de n'avoir personne à attendre, ni quai à surveiller, ni correspondance à attraper. Sur le papier, la voiture me paraissait plus souple, surtout quand le soir change au dernier moment.

Puis j'ai pris un matin de pointe à l'entrée de Marseille, et le fantasme s'est cassé net. Le trajet prévu en 47 minutes a glissé au-delà d'1h15, avec les feux stop en chaîne et ce silence nerveux qu'on a quand personne n'avance. Je me suis retrouvé à tourner 18 minutes pour me garer près du centre, alors qu'en train j'aurais déjà posé le pied sur le quai.

Le pire, c'est que je n'avais pas vérifié le trafic. Je suis parti comme les jours tranquilles, et j'ai payé le prix dès l'échangeur. Depuis, je regarde l'heure de départ avant de croire à la fluidité.

Ce que je découvre avec le ter, c’est surtout la régularité qui fait la différence

À la gare d'Aix, le matin, la rame se remplit avant même l'arrivée du train. Les gens se placent près des portes, les sacs serrés contre les jambes, et les places assises deviennent rares en quelques secondes. Je me suis retrouvé debout plusieurs fois, calé contre une barre, sans pouvoir faire grand-chose d'autre que regarder défiler les arrêts.

Ce que j'ai fini par mesurer, c'est la régularité. Le trajet tourne autour de 35 minutes, et même quand il y a un petit décalage, je sais à quoi m'attendre. En voiture, le même déplacement peut rester correct hors pointe, puis basculer à 1h15 dès qu'un ralentissement se forme à l'entrée de Marseille.

Le bruit aussi change tout. Dans le train, le roulement est régulier, presque mécanique, et je peux sortir un carnet ou ouvrir mon ordinateur sans me crisper. En voiture, le bruit est haché, avec les reprises, les freins, les petits à-coups qui te mangent le cerveau.

J'ai été frappé par un détail simple : je pouvais lire dix pages ou répondre à deux mails avant d'arriver, alors qu'en voiture je restais concentré sur les feux rouges. Ce temps utile compense largement la promiscuité, même quand je me retrouve près des portes. Et à Marseille Saint-Charles, je descends déjà dans la ville, au lieu de la chercher pendant un quart d'heure.

Tout n'est pas rose. Une fois, un incident sur la ligne a déclenché un retard annoncé juste après le départ, puis le quai affiché a changé deux fois. J'ai dû réorganiser ma journée sur le trottoir, et là j'ai senti la limite du train : quand tu rates le bon créneau, tu n'as pas la souplesse de la voiture.

La voiture reste utile, mais je dois bien comprendre ses limites sur ce trajet

Je suis parti un jeudi à 8h30 en me disant que la circulation serait encore correcte. À l'approche de Marseille, les feux stop se sont allumés presque en continu, et la circulation en accordéon a avalé les minutes une par une. Le trajet, qui me semblait banal, est devenu un couloir de patience.

Hors pointe, la voiture me prend 47 minutes. En heure chargée, j'ai déjà dépassé 1h15, puis ajouté 18 minutes pour trouver une place correcte en ville. Ce dernier kilomètre, personne ne te le rend, et c'est là que le confort supposé de l'auto se met à craquer.

Le piège, je l'ai appris à mes dépens, c'est de viser le centre de Marseille en pensant gagner du temps. Je roule, je tourne, je ralentis encore, et je finis plus agacé qu'au départ. J'ai aussi sous-estimé un retour du soir en quittant Aix à une heure qui me paraissait normale, puis je me suis retrouvé dans le même ruban de voitures.

J'ai fini par comprendre que le confort du siège ne compense rien quand le trafic se bloque. Si je pars sans regarder l'heure, je m'expose à la zone la plus bête du trajet, celle où un retard minuscule devient une demi-heure perdue. Et quand je rentre avec la tête déjà pleine, cette demi-heure, je la sens jusque dans la maison.

Au bout du compte, le TER est le plus régulier sur ce trajet

Je conseille plutôt le TER à un salarié aux horaires fixes, à un parent qui veut éviter les embouteillages du soir, ou à quelqu'un qui peut travailler pendant 35 minutes sans conduire. C'est aussi pertinent quand je dois récupérer les enfants après l'arrivée, à condition que la gare tombe au bon endroit. Si on accepte de vérifier l'horaire la veille et de partir 12 minutes plus tôt, le train enlève une vraie part de tension.

La voiture garde du sens pour celui qui change d'adresse en journée, transporte du matériel encombrant, ou termine sa journée loin d'une gare pratique. Je la garde aussi pour les sorties où je reste en périphérie, avec stationnement facile et peu de marche derrière. Dans ces cas-là, la souplesse de l'auto redevient plus forte que la discipline du rail.

  • parking relais – utile quand l'horaire tombe juste.
  • covoiturage – pratique, mais trop dépendant des autres.
  • vélo électrique – agréable, pas quand je dois arriver propre.

Je ne parle ici que de mon aller-retour quotidien, pas de tout le réseau ni de tous les usages. Sur ce trajet précis, j'ai fini par garder le TER quand je veux arriver avec moins de pression dans la tête. La voiture reste dans le jeu, mais elle n'a plus le dernier mot.

Au final, c’est le bilan entre stress et prévisibilité qui m’a fait choisir le ter

Au bout du compte, le TER m'a apporté ce que je cherche sur ce trajet : une heure d'arrivée plus lisible, moins de tension, et moins de temps perdu à tourner autour d'un parking. La voiture reste plus souple sur le papier, mais elle me vole de l'attention à chaque ralentissement. Entre Aix-en-Provence et Marseille Saint-Charles, j'ai fini par payer le stress plus cher que je ne l'imaginais.

POUR QUI OUI : je le garde pour un père ou une mère qui a 2 enfants à récupérer, pour un salarié qui part 5 jours sur 7 sur la même plage horaire, et pour celui qui supporte mal les feux stop immobiles. Je le vois aussi pour quelqu'un qui accepte de marcher un peu en sortie de gare et de vérifier les horaires la veille. Le gain n'est pas spectaculaire, mais il se voit à la fin de la semaine.

POUR QUI NON : je laisse la voiture à celui qui enchaîne des horaires changeants, charge du matériel encombrant, ou doit rentrer par des routes sans gare pratique. Je la garde aussi pour les journées où je sais que je finirai loin du centre, sans correspondance et avec un stationnement simple. Là, la souplesse de l'auto redevient plus forte que la discipline du train.

Mon verdict : pour ce trajet quotidien, je choisis le TER parce qu'il me fatigue moins et me fait perdre moins de temps quand Marseille se bloque. Je le préfère pour quelqu'un qui accepte de regarder l'horaire la veille, de marcher un peu et de vivre avec une rame pleine au départ. La voiture ne garde ma faveur que pour un trajet ponctuel, pas pour le quotidien.

Avatar de Mickaël Lambert
La rédaction